Après quelques tentatives japonaises par SATO, Ce sont les Russes et en particulier FYODOROV qui ont développé vers la fin des années 70 et début 80 la technique appelée : Kératotomie Radiaire (KR). Cette technique consistait à réaliser des incisions radiaires sur la cornée afin d’affaiblir la périphérie de celle-ci. Cela provoquait par contre coup un aplatissement central et dont une diminution de la puissance optique de la cornée.

Les incisions étaient réalisées à mains levées à l’aide d’un couteau diamant à une profondeur de 100% de l’épaisseur centrale .... L’anesthésie se faisait à l’aide de collyres, le patient était parfaitement conscient et fixait un point lumineux pendant l’intervention qui durait une à deux minutes par œil.

Kératotomie Radiaire : la zone centrale est respectée et l’on voit nettement les incisions
(Chirurgie et cliché : P.J. Toulemont)Kératotomie Radiaire

Les suites étaient peu douloureuses et le coût de la technologie peu élevé. Par contre peu de chirurgiens osaient se lancer en raison des risques évidents de perforation et aussi d’une incertitude sur les résultats. Il y avait donc une courbe d’apprentissage afin de doser son geste et mieux valait-il apprendre vite. Le point fort de cette technique était le respect de l’axe visuel.

Sur cette photo prise en rétro illumination une large zone centrale libre de toute cicatrice apparait nettement. (Chirurgie et cliché : P.J. Toulemont)photo prise en rétro illumination

Par ailleurs de nombreux paramètres influençaient les résultats et par là même les indications chirurgicales citons : l’épaisseur de la cornée, le sexe, l’âge, la courbure de la cornée (appelée aussi kératométrie), De l’analyse de tous ces éléments le chirurgien définissait son protocole et déterminait le nombre d’incisions, leurs sens, leurs longueurs et leurs profondeurs).

Les complications graves étaient malgré tout cela relativement rares et d’une manière générale les patients étaient et sont encore pour la plupart très satisfaits. Cependant, du fait des paramètres à prendre en comptes, de nombreux patients ne pouvaient bénéficier de cette technique.

Au fil des années 80 et dans certains cas, des problèmes de stabilité de l’effet sont apparus avec une augmentation de l’effet et une hypermétropisation plus ou moins marqués et parfois handicapante. A cette instabilité sur le long terme, se rajoutait une fluctuation durant la journée. Enfin la fragilisation mécanique de l’œil était réelle et il n’était pas souhaitable d’opérer de fortes myopies.

  Publié le Jeudi 24 Septembre 2015