Favorisée par l’augmentation rapide de la puissance de calcul des ordinateurs et leur encombrement de plus en plus limité, les techniques lasers ont rapidement progressé depuis les années 90.

Elles représentent alors un véritable saut technologique. Leur apparition en ophtalmologie dans le domaine de la chirurgie réfractive se fait vers la fin des années 80 et connait une phase de développement et d’amélioration rapide au début des années 90. Ainsi le laser excimer remplace définitivement la kératotomie radiaire (cf historique des méthodes) vers 1995 – 1996 avec l’arrivée des lasers à flying spot. L’étude de la Food and Drug Administration aux Etats-Unis remonte quant à elle à 1992.

Il ne faudrait pas croire que le laser excimer se soit d’emblée imposé comme la méthode de référence. Il a fallu en fait plusieurs années pour arriver à une fiabilité suffisante pour remplacer la kératotomie radiaire. Rappelons qu’au tout début de l’utilisation de ces lasers certains auteurs proposaient de réaliser les incisions de la kératotomie radiaire par le laser excimer. Bien qu’elles aient eu l’avantage de respecter la région centrale de la cornée, ces procédures ont vite été abandonnées et l’ablation centrale s’est imposée.

Différents progrès déterminants ont permis au laser excimer de prendre le dessus, citons:

  • La mise au point des procédures de contrôle en temps réel des mouvements oculaires afin d’obtenir un centrage optimal (eye tracker). La méthode utilise une caméra infrarouge qui repère la chaleur de l’iris et permet de déterminer les contours de la pupille en temps réel.
  • L’élargissement des zones de traitement grâce à l’optimisation des profils d’ablation permettant une diminution ou du moins une atténuation des effets latéraux nocturnes de ces traitements lasers (halos en particulier). De plus cet élargissement des zones de traitement a permis une diminution de la fréquence des voiles cornéens secondaires (haze) et des phénomènes de régression (diminution de l’effet laser par comblement de la zone traitée).
  • L’utilisation de faisceaux laser fins et distribués pseudo aléatoirement (flying spots) sur la cornée a permis de supprimer le problème des ilots centraux. Ces ilots centraux, qui ont ralenti au début des années 90 la diffusion du laser excimer, correspondaient à une diminution de l’efficacité de celui ci au centre de la cornée. Cette inefficacité partielle responsable de mauvais résultats était du à l’interaction des « fumées » issues de l’action du laser sur la cornée (vaporisation thermique) et du faisceau laser lui-même. De plus ces flying spots ont permis de traiter l’astigmatisme de manière fiable pour la première fois. Nous sommes alors en 1995.

Ci dessous nous verrons que le laser excimer est aujourd’hui utilisé de deux façons, soit en surface, historiquement pour les myopies faibles et moyennes, cette technique a donc dans les débuts remplacé la kératotomie radiaire, soit après avoir réalisé un volet cornéen (lasik) pour les myopies fortes et elle a alors pris la suite du kératomylosis. (Laser Assisted In Situ Kératomylosis). En fait, en raison des progrès sur les profils d’ablation la technique de surface est également utilisée depuis quelques années pour traiter des myopies fortes.

  Publié le Lundi 7 Septembre 2015